La forêt française disparaît

40 à 55 000 par jour, 15 à 20 millions par an, c'est le nombre d'hectares de forêts tropicales qui disparaissent. A ce rythme fabuleux de 1 à 2 % par an, cette destruction massive entraînera l'extinction à jamais de près d'un million d'espèces végétales et animales en moins de 10 ans.
En France métropolitaine, les surfaces forestières augmentent.
Faut-il s'en réjouir ?

"PAS TOUT A FAIT TERMINE !"

Ce petit exposé est largement inspiré de l'article "La forêt qui cache l'arbre" de Philippe Pointereau paru dans Le Courrier de l'environnement de l'INRA, n°16 d'avril 1992. Philippe Pointereau est coordinateur du Réseau forêts de France Nature Environnement, membre du groupe de réflexion " prospective des problèmes forestiers " INRA/DGAP. Pour une information plus complète, je vous invite à le lire.

Plan de la page
1. Le recul dramatique des forêts de la planète
2. La disparition de notre forêt linéaire
3. La perte de qualité de nos forêts
4. La diminution des surfaces boisés dans les DOM-TOM
5. Vers une foresterie durable
Pour en savoir plus

1. Le recul des forêts de la planète
     Comme pour les changements climatiques, la couche d'ozone et d'autres graves menaces pour l'avenir de l'Homme, les chiffres ont souvent été contestés par les Organisations Gouvernementales, voire certains scientifiques sans parler des chantres du libéralisme et des vertus de la croissance à tout prix. Hélas, comme pour les changements climatiques et la couche d'ozone, les écologistes que l'on accusait de crier au loup, ont une fois de plus raison : les photos-satellite permettent désormais de connaitre avec précision l'état de la couverture forestière en n'importe quel point du globe. La contestation n'est plus possible : le rythme de destruction des forêts et en particulier des forêts tropicales humides est bien de l'ordre de1 % par an, ce rythme s'accélérant d'année en année. En avril 99, la revue Nature révélait même que la déforestation de l'Amazonie brésilienne était deux fois plus importante que les estimations officielles, mettant aujourd'hui à sec pas moins de 270 000 km2 d'un terre à présent d'autant plus fragilisée. Jusqu'à quand ?
     La déforestation n'est certes pas un phénomène nouveau. Elle commence au néolithique, il y a quelques centaines de siècles, avec l'apparition de l'agriculture et de l'élevage, activités nécessitant un défrichage des terres. Ainsi en France métropolitaine, la partie du territoire occupée par la forêt est passée de plus de 90 % en 5000 av. J.-C. à 7 % aux alentours de 1800. Depuis ce pourcentage est remonté : 21,2 % en 1960, 25 % en 1993, 29 % (7 % dans la région Nord-Pas de Calais !) en 1995. Faut-il se réjouir d'une telle progression ?

Si l'on fait le bilan en terme purement quantitatif, on peut se réjouir de ces chiffres. Hélas, il y a lieu de nuancer ce taux d'accroissement  sur au moins trois points :


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2. La disparition de notre forêt linéaire
     Derrière cette vérité qu'est la croissance des surfaces forestières se cache la disparition de tout ce qui est boisé et n'a pas le nom de forêt : les arbres isolés, les haies et les bosquets (petits boisements, d'une surface inférieure à 0,5 ha). La forêt qui cache l'arbre, selon l'expression de P. Pointereau. Généralement, cette forêt est appelée bocage. Totalement artificiel, ce bocage illustre le bon sens et le savoir-faire de l'homme, en conciliant forêt et agriculture. Hélas, cette "forêt" chargée d'histoire est tout simplement en train de disparaître de notre pays, de nos statistiques et bientôt de nos mémoires : pas moins de 350 000 ha de haies, d'arbres épars et de bosquets ont ainsi disparu entre 1960 et 1990. Les raisons en sont connues : la restructuration foncière (13,4 millions d'hectares remembrés entre 1945 et 1989) et plus généralement l'intensification de l'agriculture (matériel, pivot d'irrigation, culture plutôt que prairie), le vieillissement généralisé de ces peuplements, la mort de l'orme, l'artificialisation (route, habitations...), et enfin la mise en place généralisée des réseaux aériens de distribution de l'électricité et du téléphone.

     La forêt linéaire structure nos paysages et offre ces " menus produits externes " qui n'entraient dans aucune comptabilité (régularisation et qualité des eaux, protection des sols...).        Plan de l'exposé

3. La perte de qualité de nos forêts

     Selon le rapport Bianco ( août 1998, député PS), la France consacre à la forêt quatre à dix fois moins d'argent public que les pays européens comme l'Allemagne et la Suisse. Ce rapport préconise un investissement supplémentaire de 1 milliard de francs (152 millions d'euros) par an dont la moitié provenant de l'Etat.

     Cette déplorable situation est d'ailleurs démontrée par les Éco-Guerriers qui donnent un aperçu de la gestion des forêts françaises par l'Office National des Forêts (ONF) établissement public à caractère industriel et commercial mais surtout pas écologique. Le seul fait de la dénomination ONF qui s'est substituée à celle d'Eaux et Forêts, couple pourtant indissociable, montre bien à quel point la politique française à une vue très cloisonnée de l'écologie.

     Notons qu'au niveau européen, un rapport de la commission européenne seuls trente-six pour cent environ des arbres européens peuvent être considérés comme sain. C'est ce que révèle le rapport 2000 sur l'état des forêts en Europe publié par la Commission européenne et la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies. Sur l'ensemble du territoire, 41% des arbres se voit attribué l'étiquette "stade d'avertissement" et 20% se retrouve classé comme "endommagé", en raison d'un taux de défoliation supérieur à 25%. Pire, le rapport ne note aucune amélioration générale de la vitalité des forêts en dépit des programmes de réduction d'émissions (de soufre notamment) mis en place ces dernières années.  La suite.  (Le rapport 1999 sur site EU) Plan de l'exposé

4. La diminution des surfaces boisées dans les DOM-TOM
     Si, en France métropolitaine, la surface forestière s'accroît, elle recule dans les DOM-TOM. On pourrait ainsi être amené à constater que les espaces boisés français diminuent (si bien sûr on considère que les DOM-TOM font partie de la France). Sont particulièrement menacées les forêts naturelles des îles (Réunion, Martinique, Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie). Ces forêts, rappelons-le, sont d'une grande richesse (elles renferment de nombreuses espèces endémiques) et jouent un rôle écologique majeur (comme par exemple la mangrove).     Plan de l'exposé

5. Vers une foresterie durable
     En cours de réalisation..... En attendant, consulter l'article "Vers une foresterie durable" de P. Pointereau (nov. 94).

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Pour en savoir plus :
En cours de réalisation.....     Plan de l'exposé