En 1954, Olufa Amaras déverse quelques perches du Nil dans le
Lac Victoria, la deuxième plus grande réserve d'eau douce
de la planète. Ce lac est considéré jusqu'alors
comme
un laboratoire naturel de l'évolution : depuis son dernier
assèchement
total il y 12 000 ans, plus de 300 espèces de cichlidés
sont
apparues (nos eaux douces d'Europe n'abritent que 129 espèces de
poissons) et de nombreux chercheurs du monde entier essayent d'y
vérifier
les mécanismes de l'évolution imaginés par Darwin.
Et puis... alors qu'en 1977, les prises de cichlidés
représentent
encore 32 % du tonnage pêché et celles des perches du Nil
1 %, 6 ans plus tard le phénomène est totalement
inversé
: 68 % de perches du Nil pour 1 % de cichlidés.
Jusque là, même si l'on peut déplorer la disparition
à jamais de plus de 25 espèces endémiques de
cichlidés,
les prises décollent : 1000 t en 1978, 100 000 t en 1993 pour le
seul Kenya. Quel homme au monde préférera l'existence de
25 espèces animales à une nourriture
régulière
?
Le revers de la médaille
Hélas, ce n'est pas si simple, les écosystèmes
ont des fonctionnements bien plus complexes. Le pire est probablement
à
venir : la pollution chronique par les phosphates et nitrates
(eutrophisation)
liés au développement de la région grâce
à
la pêche provoque des pullulations d'algues autrefois
broutées
par les cichlidés. Résultat : l'ensemble de la
chaîne
trophique conduit à une raréfaction de l'oxygène
et
les perches meurent par asphyxie. Que sera dans quelques années
l'avenir des 30 millions de personnes vivant de la perche du Nil autour
du lac Victoria ? Histoire à suivre....
Allez voir ce film :

Le cauchemar de Darwin : http://www.advitamdistribution.com/fiche.php?film_id=58
(Sortie nationale dans les salles arts et essais le 2 mars 2005.)
Outre les conséquences de ce cauchemar écologique,
vous y verrez les conséquences humanitaires pour lesquelles la
responsabilité de l'Europe et de ses marchands d'armes entre
autres, est lourde. Disons-non à cette mondialisation
néolibérale sauvage.
Pour en savoir un peu plus :